Bonjour, votre premier album "full length" sort bientôt, peux-tu nous le présenter ?
Oui, concernant la sortie, c’est pour Janvier ! Et autant te dire qu’on a vraiment hâte qu’il sorte ce premier album, c’est tellement de boulot et de patience, on s’est tellement investis, que l’attente est parfois insupportable !
Pour ce qui est de l’album, il a été enregistré et mixé par Yann de Mon Studio, à Nancy. Yann est aussi le guitariste de My Pollux. C’est un excellent musicien, qui a une très bonne oreille et a su faire preuve d’un véritable professionnalisme, en nous donnant d’excellents conseils et en sachant nous booster ou nous rassurer quand il le fallait. Il faut dire que l’enregistrement a été éprouvant, c’était notre première expérience en studio, et c’est un travail difficile mais passionnant.
Le cd sera masterisé par Seb, guitariste du groupe, car après comparaison avec d’autres tests de mastering, il s’avère que c’est celui qui sonnait le mieux !
L’album a pour titre Discordances, un titre que l’on peut lire et comprendre en anglais comme en français, et qui reflète bien notre musique, mes paroles, et l’artwork. Dans Discordances il y a le décalage, le hic, le mal accordé. Notre musique a ce côté un peu « hic » au sens ou l’on a du mal à nous mettre une étiquette, et que l’on joue pas mal sur les contrastes entre puissance, efficacité, et mélodie, comme je peux le faire en alternant deux styles de voix par exemple.
Il y a douze titres, dont deux que vous avez déjà pu écouter sur notre EP : Les Mouches et Requiem for a creep. On peut retrouver le détail de la Tracklist sur notre site.
Il est assez difficile de vous mettre étiquette assez représentative de votre musique, pour ta part comment décrirais-tu votre style ?
Ben c’est assez difficile pour moi aussi, et c’est aussi ce qui fait l’intérêt de Soulmaker je pense. L’album risque de surprendre en ce sens, car d’un morceau à l’autre il y a toujours un élément nouveau. Il y a des titres qui sonnent très Machine Head, d’autres plutôt Death Suédois, ou parfois néo, ou même rock … Sur certains morceaux je chante plus que je ne « gueule », sur d’autres c’est l’inverse. Parfois je prends une voix lyrique, parfois un voix plus rauque. Il y même une ballade où je joue de la flûte traversière. Donc chaque morceau est différent, mais il y a tout de même un lien, une cohérence, qui fait que chaque morceau sonne malgré tout Soulmaker : un mélange de riffs efficaces, « headbangant », in-your-face, et d’envolées plus mélodiques. Ce mélange des genres et des registres fait aussi notre force, car chacun, côté auditoire, devrait s’y retrouver. Si je devais maintenant citer des influences je dirai Machine Head, Children, In Flames, Arch Enemy et Evanescence. Si je devais nous coller une étiquette je dirai qu’on fait du Metal, tout simplement.
L'artwork est particulièrement beau, avec un contraste saisissant entre les couleurs douces et le thème plus sombre. Peux-tu nous expliquer sa signification et nous parler de sa réalisation ?
Merci beaucoup pour l’artwork, et surtout pour celle qui en est l’origine : Sophie, ma cousine. L’artwork a été un véritable problème pour nous, on n’avait plusieurs idées, on a donc fait appel à plusieurs graphistes, mais aucun des artworks que l’on nous a envoyés n’allait vraiment, et ceux qui étaient bien nous auraient pris trop de temps à mettre en page. Bref, pas mal de soucis techniques et d’argent investi pour rien. Au bord du découragement, j’ai repensé à ma cousine, photographe de talent, et dont l’univers m’a toujours beaucoup plu. Je suis allée voir son site (www.soga-arts.ch) et je suis tombée sur cette photo. Ca a été le coup de cœur ! J’ai proposé, avec l’accord de Sophie, cette photo aux autres membres du groupe, qui ont immédiatement accroché. On voulait un contraste qui fasse réfléchir, réagir, et ressentir. On a trouvé tout ça dans cet artwork.
Pour moi, cette photo est forte, et riche en symboles. On peut y voir plusieurs significations, en rapport avec le titre et avec mes textes. Le ventre c’est le lieu de la naissance, de l’arrivée dans la vie, mais en même temps on y voit comme des barreaux de prison, ce qui crée un premier paradoxe. L’autre paradoxe c’est ce côté libre avec l’envolée des papillons, qui fait contraste avec leur noirceur, ce qui pourrait sous-entendre que cette liberté n’est pas forcément symbole de bonheur. Le paradoxe, le noir qui pâli, le blanc qui se tache, les contrastes … ce sont des thèmes que l’on retrouve souvent dans mes textes. Et le rapport au titre c’est justement que dans cette photo il y a des choses qui ne s’accordent pas, et pourtant le rendu final est harmonieux.
Quelles sont les thèmes abordés dans tes lyrics ? Aurons nous cette fois aussi des chansons en anglais et en français ?
Oui il y a exactement 6 chansons en français et 6 en anglais. Et ce n’est même pas fait exprès. Je choisis toujours la langue en fonction de la musique, pour moi il y a des musiques qui sonnent mieux dans la langue de Molière, et d’autres qui sonnent mieux avec l’anglais. Une question de groove, de ressenti. Les thèmes abordés sont soit très poétiques soit plus bruts de décoffrages. Ca parle majoritairement de la discordance qu’il peut y avoir en soi ou que l’on retrouve dans certains éléments de notre société. A vide, par exemple, parle d’une prostituée qui fait face à la petite fille idéaliste qu’elle a toujours été. Rise to Fall met en relief le fait qu’atteindre le plus haut rang social ne signifie pas toujours épanouissement personnel. Tu ne fais rien montre que le pacifisme, quand il rime avec passivité, peut être aussi une forme de meurtre. Il y a toujours quelque chose qui fausse l’accord. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir. J’essaie d’écrire des textes qui disent une chose explicitement et en révèlent une autre implicitement. Je m’adresse donc à deux sortes de personnes, ceux qui lisent au premier degré et ceux qui lisent entre les lignes.
Je sais que tu as une guest sur un des titres... Peux-tu nous raconter comment est née l'idée et comment s'est passé ensuite l'enregistrement ?
Oui j’avais demandé à Virg’ de Kells de nous faire l’honneur d’un guest sur Inch’Allah, une des chanson en français de l’album. C’est une chanteuse que je respecte énormément, elle m’a toujours bluffée sur scène, et malgré le succès de son groupe, elle reste adorable et humble. Elle a enregistré de son côté car c’était difficile d’organiser sa venue jusqu’à Nancy. Vocalement ça rendait bien sûr très bien, mais du fait que l’enregistrement aie eu lieu dans un studio différent, et à un moment différent, le son n’était évidemment pas le même. Au mixage de la chanson, lorsqu’on fait le montage des deux voix, on s’est rendu compte que ça s’entendait que les voix n’avaient pas été enregistrées au même endroit, ce qui du coup ne rendait pas comme on l’aurait espéré. Après grosse discussion, on a finalement décidé de ne pas mettre le guest de Virg, car ça n’aurait fait que nous desservir elle et moi, ce qui n’était pas le but escompté. J’en suis très triste car la voix de Virg apportait beaucoup à la chanson. Mais du coup pour le prochain on sait que ce sera carrément énorme si on la fait venir jusqu’au studio et qu’on enregistre la chanson toutes les deux. Ca n’a pas détérioré nos rapports, Virg a tout à fait compris le problème et ne nous en a pas tenu rigueur, et je la remercie encore énormément pour cela. D’autres auraient pu ne pas comprendre et mal interpréter cette décision.
Quelles sont tes principales influences musicales ?
Je suis très éclectique. Je n’écoute pas que du metal ! J’adore le rap, le trip-hop, la cold-wave, l’éléctro, le hardcore, le punk, la vieille chanson française ! Dans mon top des albums écoutés tu trouves Pantera, Manson, Cypress Hill, Machine Head, Walls of Jericho, Verse, Bauhaus, Joy Division, After Forever , Eminem, Poulenc, Léo Ferré, Brel, Katatonia … Tu vois c’est varié ! Mais c’est en parti dû à mon parcours, je suis passée par le classique, le gospel, et le hip-hop avant d’écouter du metal.
Outre soulmaker, tu as deux autres groupes. Ou les choses en sont-elles avec ces ceux-là ? N'est-ce pas difficile de jongler entre plusieurs groupes, plusieurs villes et bien sur tes études et ton assoc ?
Oui j’ai deux autres groupes, DespairHate, thrash sympho bien rentre-dedans, et Spl[i]n, groupe qui joue plus sur les atmosphères éléctro-rock, un mélange de Paradise Lost et de Katatonia. J’ai besoin de ces trois groupes pour mon équilibre, car chacun correspond à une partie de moi : DespairHate pour la partir très énervée, Spl[i]n pour le côté plus poétique et émotionnel, et Soulmaker pour le côté énergique. Spl[i]n sortira son EP dans les mois à venir, et on va commencer à chercher quelques dates en Suisse principalement. DespairHate devrait aussi sortir un EP, mais cela prend plus de temps, car ils sont à Nancy, ce qui ne facilite pas les choses point-de-vue enregistrement !
Je n’ai pas choisi la facilité, ça c’est sûr, mais j’estime que quand on aime, on ne doit pas avoir peur de faire de km. Je suis une passionnée, et même si ces allers-retours m’épuisent et me coûtent chers, j’en suis heureuse, car à chaque fois que je monte, quand je vois un public déchaîné, des groupes géniaux avec qui on partage l’affiche, ou juste une super répète, hé bien je sais pourquoi je fais tout ça, et je n’ai pas de regrets. Mes études me prennent également du temps, et c’est parfois un problème, mais je dois bien faire avec. Quand à mon asso, l’année 2009 a été difficile pour moi, je n’ai pas pu être très présente et cela m’a mis un sacré coup au moral. Mais je suis de retour à 100%, j’arrive à faire de la place dans mon emploi du temps cette année. Et je dois que les filles assurent, d’autant que notre cohésion et notre organisation sont de plus en plus fortes. C’est un réel moteur pour moi.
Disons que oui c’est pas facile tous les jours de tout gérer de front, mais il faut savoir trier l’urgent et l’important, et avec beaucoup de passion, un peu de café et pas mal de sport, on arrive à tenir le coup ;)
Soulmaker vient bientôt partir en tournée sur Le blonde Platine Tour, comment ce projet a-t-il germé ? ou allez-vous vous produire ?
Oui on est impatients de pouvoir partager la scène avec The Outburst et Interria. Ce sont deux groupes que l’on aime beaucoup, musicalement et humainement. L’idée est venue au HOS III, festival de metal à chanteuses et gueuleuses qu’organisaient les Femâles. The Outburst et Interria figuraient à l’affiche. Je suis allée papoter avec Sarah et Jenny en backstage, et on a fait une séance photo improvisée toutes les trois avec Audrey Watroba. Ce qui ressortait de ces photos c’était trois chanteuses très typées latino. Donc l’une de nous, je me souviens plus laquelle, a commencé à chantonner « dis qu’jsuis pas une bombe latine, une blonde platine dj ». Cela faisait longtemps que je pensais à faire jouer nos trois groupes un jour à Paris ou ailleurs. J’ai contacté les deux groupes par mail et j’ai lancé l’idée, avec le titre « Blondes Platines Tour », comme private joke au départ. Finalement ce sera le titre de la tournée. Les autres étaient bien motivés aussi. On s’est donc tous retrouvés à Paris pour une petite réunion, et on a mis en place l’organisation et le booking de la tournée. C’est une affiche cohérente, musicalement ça reste du metal accessible et efficace, avec trois chanteuses, mais trois chanteuses qui ont des c****, pas le genre diva minette quoi. Par contre, le booking ne s’avère pas aussi simple que prévu, les temps sont durs pour tout le monde, orga et salles comprises. On a cependant pu trouver deux premières dates, dont une à Paris à la Scène Bastille le 30 Janvier, et le 27 Mars en Bretagne. La Belgique, la Suisse et la Lorraine devraient suivre dans peu de temps ! Croisons les doigts J Merci d’ailleurs à vous d’avoir soutenu ce projet dès le départ !
Un dernier commentaire ?
Un grand merci à toi et à ton Webzine, et longue vie à vous, ainsi qu’ à tous ceux qui aiment le metal à chant féminin, et big up à tous ceux qui soutiennent la scène ! On vous attend sur les prochains concerts pour headbanger avec nous !