Style : néo-metal - Note : 17/20
Je crois qu'il n'est plus la peine de présenter les lyonnais de Kells, devenus en quelques années les leaders de la scène
française de metal à chant féminin. Ce troisième album sorti chez Season of mist est donc la consécration, une signature chez
un aussi gros label venant récompenser toutes ces années de travail et peut-être bien aussi faire taire les mauvaises
langues...
Anachromie marque un tournant plus "agressif" dans le style du groupe. En effet nous retrouvons les bases néo-metal chères à
Kells, mais celles-ci sont encore plus présentes, avec des riffs encore plus catchy et des mélodies très rentre-dedans. Le
côté plus brutal est aussi apporté par le chant qui se fait parfois saturé, mais j'y reviendrai. L'arrivée du nouveau batteur
apporte un peu plus de groove dans les rythmiques et le côté symphonique s'est quelque peu effacé. Des orchestrations sont
toujours présentes, mais plus en retrait. Plus comme des ornementations venant enrichir certains morceaux. La grandiloquence passée
fait donc place à une puissance brute et plus sauvage !
Si on écoute assez attentivement, on remarque aussi un souci du détail plus aigu. Les morceaux semblent avoir été plus
travaillés que ceux des précédents albums et on remarque plein de petites choses discrètes (ou moins discrètes d'ailleurs)
mais fort intéressantes : de magnifiques backing vocals sur L'heure que le temps va figer, des sonorités orientales sur
Illusion d'une aire, une ambiance asiatique sur L'autre rive (avec une sublime intro au violon), des voix d'enfants (en fait
de Maelle, fille de Virginie) sur Le manège déchanté, etc. Nous retrouvons Jano (ancien batteur du groupe) sur le titre
Nuances. Celui-ci avait fait déjà fait une apparition vocale sur le précédent album, prestation qui ne m'avait guère
convaincue, mais là le résultat est vraiment sympa !
Je vous parlais du chant de Virg. Celle-ci a encore fait des progrès et diversifie encore plus son style, avec des passages
plus "hachés" à l'irréprochable diction, dans un style très néo-metal, mais aussi des grawls puissants et agressifs à
souhait. Une interprétation toute en finesse et en émotion, riches de nombreuses facettes et reflets.
Si tous les morceaux sont très bons, j'avoue une grande préférence pour Bleu - passionné, poignant et entraînant, bref un
single idéal - puis pour Cristal qui possède une délicatesse et une sensibilité qui tranche avec le reste de l'album.
Un dernier mot sur la production qui est très bonne, il faut dire que l'album a été mastérisé par Ted Jensen (Metallica,
Alice in chains).
Anachromie : un must-have !